Comment mieux gérer ses émotions ?

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Au quotidien, nos émotions impactent de manière significative notre bien-être et pas uniquement ! Même si elles sont essentielles (et nous verrons un peu plus loin pourquoi), il est fréquent qu’elles nous débordent. Lorsque cela arrive, nous devenons le jouet de nos émotions et cela nous affecte. Un excès d’émotions peut engendrer du mal-être et des comportements inadaptés, qui peuvent avoir des conséquences négatives et nous impacter.

Comme le détaille l’article précédent, la gestion des émotions est un des challenges les plus difficiles à relever pour un Homme, qui dure tout au long de sa vie. Notre nature, notre ego, les jugements que nous portons, nos désirs et aversions, nos incohérences, les normes sociales, la contagion émotionnelle, notre déficit d’énergie, notre environnement, en outre, rendent extrêmement difficiles la gestion de nos émotions. Apprendre à bien gérer ses émotions est pourtant le seul moyen efficace pour se sentir bien dans sa peau au quotidien et dans la durée.

Bien gérer ses émotions signifie être capable de dominer son esprit, de devenir maître de soi-même. Cela consiste tout d’abord à développer sa conscience émotionnelle pour être conscient de l’influence de ses émotions sur ses pensées et comportements, puis à développer sa maîtrise émotionnelle pour être en capacité de réguler ses émotions excessives. Lorsque nous parvenons à réguler nos émotions excessives, nous pouvons même aller un cran plus loin. La bonne utilisation de nos émotions nous permet en effet d’amplifier nos facultés, qu’elles soient intellectuelles ou physiques.

Au travers de cet article, tu vas découvrir comment parvenir à dompter ton esprit pour te sentir bien au quotidien et amplifier tes facultés. Tu vas tout d’abord apprendre à développer ta conscience émotionnelle, puis à réguler tes émotions et enfin à utiliser positivement tes émotions.

Développer sa conscience émotionnelle

mieux gérer ses émotions

Nous allons tout d’abord évoquer le pouvoir des émotions sur nos pensées et comportements, puis voir l’importance de la conscience émotionnelle pour réguler nos émotions et enfin, je partagerai quelques conseils à mettre en pratique pour t’aider à développer ta conscience émotionnelle.

Le pouvoir des émotions

Les émotions se manifestent de manière automatique, rapide et spontanée. C’est la raison pour laquelle elles sont si difficiles à contrôler. Nous avons en effet besoin de plus ou moins de temps pour revenir à la raison. La capacité à retrouver rapidement notre état normal est d’ailleurs un signe de maturité émotionnelle. Les émotions ne peuvent être contrôlées qu’a posteriori et plus ou moins rapidement en fonction de notre maturité émotionnelle. 

Les émotions ont également tendance à engendrer des réactions primaires, puissantes et irrationnelles. Cela signifie que lorsque nous sommes dans l’émotion, nos réactions peuvent être démesurées, voire extrêmes. Il n’y a aucune mesure, aucune nuance. C’est noir ou blanc. Par exemple, les vendeurs sont tous des voleurs. Est-ce réellement le cas ? Certains oui, d’autres non ! 

Autre exemple. Face à une situation perçue comme menaçante (un coup de klaxon, une rue pas suffisamment éclairée, une personne qui ne nous revient pas, l’attaque d’un ours), notre organisme va se mobiliser pour affronter la menace. Notre cerveau commande à notre corps de réagir. La réaction physiologique de stress provoque une mobilisation rapide d’énergie dans l’organisme, un afflux de sang dans les muscles pour combattre ou fuir le danger. C’est ce type de réaction automatique, rapide et primaire, qui a permis à nos ancêtres de survivre face aux prédateurs et aux différents dangers. Même si cette réaction est utile dans des situations de vrai danger, en nous empêchant d’être mesurés et nuancés, nos émotions peuvent nous déborder et nous faire penser, agir, réagir de manière inappropriée dans les situations du quotidien.

Les émotions influencent par ailleurs notre perception de l’environnement et notre mémoire. Les stimuli chargés d’émotion focalisent notre attention (par l’intermédiaire de nos différents sens) et les souvenirs associés à des émotions fortes sont stockés plus efficacement dans notre mémoire.

Nos émotions exercent donc une influence profonde sur la manière dont nous percevons les choses et y réagissons. Elles peuvent engendrer des pensées et des comportements totalement inadaptés source de mal-être. De plus, nos moyens d’action sont limités puisqu’ils ne peuvent se faire qu’a posteriori, une fois la réaction émotionnelle enclenchée.

Être en capacité de contrôler ce pouvoir

Il existe un monde souterrain, dont nous ne sommes pas conscients. L’activité mentale se fonde en effet essentiellement sur des images. Et les images mentales produites par le cerveau n’accèdent pas toutes à la conscience, car elles sont tout simplement trop nombreuses. Lorsqu’elles restent dans l’inconscient, nos émotions peuvent nous influencer sans que nous soupçonnions qu’elles soient à l’œuvre !

Notre conscience émotionnelle a pour objectif de permettre aux sentiments d’être connus. C’est le socle sur lequel repose tout notre équilibre émotionnel. Bien que nous ne soyons pas capables de choisir le moment où éclatent nos émotions, la conscience émotionnelle nous donne le pouvoir de contrôler le cours de nos réactions. Elle nous permet en effet d’avoir conscience de l’impact de nos émotions et donc d’agir dessus pour les réguler afin d’avoir des pensées et des réactions plus réfléchies et élaborées.

Nos émotions n’accédant pas toute à la conscience, toutes nos émotions ne sont pas contrôlables. Néanmoins, plus notre conscience émotionnelle est développée, plus nous sommes en capacité de réguler nos émotions.

Mes techniques pour développer sa conscience émotionnelle

Je ne prétends pas tout connaître, mais voici les techniques que j’utilise au quotidien pour continuer à développer ma conscience émotionnelle.

Tout d’abord, je recherche en permanence à identifier mes émotions à travers trois prismes. Je suis à la fois très à l’écoute de mes pensées, de mes actions (et réactions) et de mes bouleversements biologiques internes (sueur, rythme cardiaque, …). En parallèle de cette écoute active, j’essaye de nommer les émotions ressenties et d’évaluer leur intensité. Puis, je m’efforce à déterminer l’origine (les causes profondes) de l’apparition de cette émotion. Enfin, je définis la façon dont ces sentiments affectent mes pensées et mes manières d’agir.

Pour illustrer ma manière de procéder, voici un exemple qui est assez simple à comprendre. Ma fille devait se faire opérer de la paupière supérieure lorsqu’elle avait 3 ans. J’étais à l’époque soucieux à l’idée de faire réaliser cette opération. J’imaginais le pire : soit qu’elle ne se réveille jamais après son anesthésie générale, soit qu’elle soit défigurée par l’opération, soit qu’il y ait des dommages collatéraux suite à l’opération. Lorsque j’ai rencontré le chirurgien pour la validation du lancement de l’opération, je n’étais pas dans mon état émotionnel normal. J’ai d’ailleurs facilement pu le constater en analysant mes pensées (j’imaginais le pire donc j’avais peur), mes actions (je posais beaucoup de questions pour évaluer les risques donc j’avais peur de l’incertitude) et mes bouleversements biologiques internes (mon rythme cardiaque s’accélérait et je transpirais donc j’avais peur). Au quotidien, en général, ce sont des événements beaucoup plus communs qui engendrent souvent des émotions beaucoup plus difficiles à détecter et à expliquer.

Développer sa conscience émotionnelle est un travail de longue haleine, permanent et continu. Je peux t’aider à développer cette compétence essentielle à la bonne gestion de tes émotions.

Apprendre à réguler ses émotions

Il est impossible d’empêcher une émotion d’émerger en nous. Mais le fait d’avoir un maximum conscience des émotions qui nous traversent (et de leur impact sur nos pensées et comportements) nous donne le pouvoir de les réguler.

Néanmoins, avoir une conscience émotionnelle très développée ne nous garantit aucunement la régulation de nos émotions lorsqu’elles sont excessives. Comme nous l’avons vu précédemment, la gestion des émotions est un challenge extrêmement difficile à relever, un combat de tous les instants. Un excès d’émotions peut engendrer du mal-être et des comportements inadaptés, qui peuvent avoir des conséquences négatives et nous impacter.

La régulation émotionnelle a pour objectif de nous aider à atteindre la paix intérieur, la tranquillité de l’âme. Elle doit, d’une part, nous permettre de contrôler nos émotions excessives, qu’elles soient négatives ou positives, afin que nous puissions maintenir notre équilibre émotionnel et le sentiment de bien-être associé. D’autre part, elle doit nous permettre de contenir nos réactions automatiques liées à la survie, afin que nous puissions agir et réagir de manière appropriée en fonction des situations que nous rencontrons.

Il est essentiel de comprendre que la régulation émotionnelle a pour but l’équilibre des émotions et non l’extinction. Les émotions, qu’elles soient positives ou négatives, sont essentielles. C’est notre carburant intérieur. Lorsque notre voiture est sans carburant, elle tombe en panne sèche. Ce serait la même conséquence pour nous. Sans émotions, nous serions des morts-vivants. La vie n’aurait aucune saveur.

La régulation émotionnelle s’oppose donc au contrôle rigide, qui réprime tout sentiment et toute spontanéité. Les émotions déplaisantes sont aussi utiles que les émotions plaisantes. Tenter de les supprimer va diminuer ta conscience émotionnelle et engendrer un risque d’implosion émotionnelle. Accepter ses émotions négatives est impératif pour réguler ses émotions. Il faut apprendre à les accepter, les apprivoiser, les apaiser, les désigner par les bons mots, les exprimer par les bons gestes ; également les partager, les sublimer, les relativiser, en un mot vivre avec elles.

Pour parvenir à l’équilibre émotionnel, il est essentiel de faire appel à sa volonté. La volonté doit placer les émotions sous le contrôle de la raison. Néanmoins, il faut être également capable d’abandonner temporairement la maîtrise de ses émotions. C’est le cas lorsque nous ne sommes dans un état émotionnel normal, que nos pensées et comportements sont adaptés. Tout est donc question d’équilibre. L’objectif est de rechercher l’harmonie, c’est-à-dire lâcher-prise lorsque l’équilibre émotionnel est là et contrôler lorsqu’il y a risque de déséquilibre ou un déséquilibre qui nuit à notre paix intérieure.

Afin de t’aider à réguler tes émotions, je vais partager avec toi plusieurs techniques de régulation émotionnelle que j’utilise quotidiennement et qui sont complémentaires. Encore une fois, je ne prétends pas tout savoir, mais ces quelques techniques t’aideront à contrôler le cours de tes réactions a posteriori et à retrouver rapidement ton état normal. Chaque technique a son utilité et se focalise sur l’ego, les jugements, les désirs et aversions, les incohérences, les normes sociales, l’énergie, l’environnement, …

Ménager et contenir son ego

Un manque ou un surplus d’ego peut être source de déséquilibre émotionnel. Pour éviter cela, il faut être à la fois capable de ménager notre ego pour éviter de dégrader notre estime de nous-mêmes (et donc notre confiance en nous) et d’être en mesure d’empêcher qu’il ne nous déborde (et donc d’être orgueilleux).

Ménager son ego

Ménager notre ego consiste à protéger notre estime personnelle, soit en évitant d’être trop durs envers nous-mêmes, soit en neutralisant des attaques de personnes extérieures visant à nous blesser.

Pour éviter d’être trop durs envers nous-mêmes, la post-rationalisation est un mécanisme qui s’avère particulièrement utile. Grâce à notre créativité intellectuelle, nous justifions nos actes afin de nous donner bonne conscience et protéger notre ego. Pour illustrer mes propos, voici un exemple avec quatre post-rationalisations différentes :
« Nous courons à notre perte si nous ne traitons pas le défi de l’écologie ! Mais l’avion, c’est quand même pratique. »

  1. Relativiser : « Après tout, que représente mon billet d’avion dans la balance de la pollution industrielle mondiale ? »
  2. Accuser les autres : « C’est les baby-boomers, qui ont sali la planète. Quelle génération égoïste ! »
  3. Invoquer les circonstances : « J’ai très peu de vacances. J’en profite un maximum. Quand on aura 4 mois de congés par an, j’envisagerais de revoir ma façon de faire du tourisme. »
  4. Trouver des justifications d’opportunité : « Dans ce cas précis, je prends l’avion pour la bonne cause : un chantier humanitaire pour construire des digues anti-inondation dans un petit village fortement menacé par les conséquences du changement climatique. »

 

Lorsque tu subis des attaques visant à te blesser, tu dois procéder différemment pour protéger ton ego. Tout d’abord, tu es contraint d’accepter d’écouter ces critiques, car tu ne peux pas les empêcher d’arriver à tes oreilles. Tu ne maîtrises pas ce que dit l’autre, par contre tu maîtrises la manière dont tu y réagis et c’est une excellente nouvelle. Pour t’aider à réagir de la bonne manière, commence par te poser les questions suivantes : « Est-ce une critique positive et constructive ? La personne est-elle bienveillante ? Veut-elle m’aider ou me faire mal ? »

Si tu en conclus que la personne est bienveillante et veut t’aider, ces critiques constructives méritent d’être entendues pour progresser. Utilise tout d’abord la post-rationalisation pour ménager ton ego, puis cherche à progresser. Si à l’inverse, la personne est malveillante et veut te blesser, ces critiques sont sans fondement et sans valeur. Ce n’est que du pipi de chat. La personne est à plaindre et ne mérite pas d’être entendue.

Contenir son ego

Contenir notre ego consiste à éviter que nous soyons hors sol, c’est-à-dire que nous ayons un sentiment exagéré de notre propre valeur. Lorsque nous sommes orgueilleux, nous avons tendance à nous laisser griser avec toutes les conséquences que cela peut induire : tomber de son piédestal, se faire manipuler, écraser les personnes qui nous entourent, se croire plus intelligent, se faire des ennemis, ne pas accepter la critique, avoir des réactions disproportionnées…

Pour éviter d’être orgueilleux, il faut mettre en place des garde-fous. La technique, que j’utilise fréquemment et qui s’avère efficace, est la visualisation des conséquences négatives. Pour appliquer correctement cette technique, je me pose systématiquement ce type de questions afin d’éviter de me faire déborder : « Si je réagis comme ceci (ou si je n’arrive pas à réagir comme cela), voilà ce qui risque de se passer… et les conséquences très désagréables qui vont s’en suivre ! » ; « Pourquoi cherche-t-il à me flatter ? Qu’essaie-t-il d’obtenir de moi ? »

Un ego trop développé fait plus de mal que de bien ! Nous n’avons pas besoin de flatter ou de laisser encenser notre ego pour sentir que nous avons de la valeur.

Diriger et suspendre ses jugements

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur les choses.

Epictète

Nos jugements peuvent affecter notre équilibre émotionnel notamment en nous faisant voir uniquement le mauvais côté des choses, en nous induisant en erreur ou en nous limitant. Pour éviter cela, nous devons apprendre à maîtriser nos jugements, soit en les dirigeant correctement, soit en les suspendant. Diriger ses jugements consiste à s’efforcer d’émettre des jugements réfléchis, utiles et constructifs. Suspendre ses jugements signifie être capable de se retenir d’émettre le moindre jugement lorsque la situation l’impose. En maîtrisant les jugements que tu portes sur les choses, tu peux devenir invulnérable.

Afin de t’aider à maîtriser tes jugements, je vais partager avec toi plusieurs techniques que j’utilise quotidiennement et qui sont complémentaires. Encore une fois, je ne prétends pas tout savoir, mais ces quelques techniques t’aideront à contrôler tes jugements en fonction des situations que tu rencontres.

Se concentrer sur ce qui dépend de nous

« Quand on veut, on peut ! » Je pense que nous connaissons toutes et tous cette expression. Dans la réalité, malheureusement, parfois on ne peut pas même avec la meilleure volonté du monde ! Certains événements dépendent de nous comme aller chercher nos enfants à la sortie de l’école à 16h25, alors que d’autres sont indépendants de notre volonté comme l’école est fermée demain pour cause de grève.

Si tu souhaites en effet coûte que coûte aller chercher tes enfants aujourd’hui, qui peut t’en empêcher, à part un événement extérieur sur lequel tu n’as pas de prise comme un accident de la route. Alors que si tu veux coûte que coûte mettre tes enfants à l’école demain, alors qu’il y a une grève et que tout le personnel est absent, personne ne te les prendra quelle que soit ta volonté.

Être capable de discerner ce qui dépend de nous (contrôle possible des événements) de ce qui est indépendant de notre volonté (aucune prise possible sur les événements) est fondamental pour diriger correctement nos jugements ou les suspendre. Tenter de modifier des événements sur lesquels tu n’as pas de prise va en effet te frustrer et te rendre malheureux. Par exemple, tu ne peux pas empêcher la mort imminente d’un être cher atteint d’une maladie incurable. Par contre, ton attitude, qui découle de ta manière de penser, peut lui rendre sa fin de vie beaucoup plus agréable. A l’inverse, ne pas agir sur des événements sur lesquels tu as le pouvoir d’agir peut également te frustrer et te rendre malheureux. Par exemple, si ton bébé attrape une bronchiolite et que tu ne l’emmènes pas rapidement chez le médecin, il y a des chances qu’il ne s’en sorte pas et que par la suite ta vie en pâtisse.

Une fois que tu es capable de bien discerner ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi, il te faut apprendre à penser de deux manières distinctes. Concernant les événements sur lesquels tu peux agir, tu dois émettre des jugements qui vont être connotés positivement ou négativement en fonction des situations. Reprenons l’exemple ci-dessus de ton bébé, qui a attrapé une bronchiolite. Personnellement, je le juge comme un événement négatif car mon bébé risque de mourir si je n’agis pas. Mon jugement m’invite à faire évoluer rapidement le cours des événements pour éviter un drame. C’est en effet l’évitement de la douleur, mais également la recherche du plaisir qui nous poussent à l’action. A l’inverse, concernant les événements sur lesquels tu ne peux pas agir, tu n’as pas le choix que d’accepter les événements même si dans ta perception actuelle certains te paraissent dramatiques. Pour ce type d’événements, il te faut apprendre à suspendre tes jugements (à éviter toute connotation négative même si cela te choque) pour éviter d’être affecté par des événements que tu ne peux pas faire évoluer.

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être, mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre.

Marc Aurèle

Penser de manière constructive

Dans chaque situation et événement, nous pouvons trouver du positif et du négatif, du bon et du mauvais. Partant de ce postulat, nous devons être capables de recadrer notre pensée sur les aspects positifs. Il faut en effet apprendre à voir le bon côté des choses. Par exemple, après avoir subi un grave accident, certains d’entre nous pourraient se considérer chanceux d’avoir survécu même s’ils sont grièvement blessés, alors que d’autres pourraient penser qu’ils sont maltraités par le sort. Le fait de voir le bon côté des choses nous permet d’avancer.

Pour les événements futurs, il faut également se focaliser sur le positif. Par exemple, tu vas jouer un match de tennis contre ton plus grand rival. Tu sais que l’enjeu est important et que tu dois réussir. Tu es stressé à l’idée de disputer cette partie de tennis. Cette situation peut représenter pour toi une menace ou un défi stimulant. En fonction de ta perception de la situation, deux réactions biologiques distinctes vont se produire. Dans un cas, une réaction dite de « bon stress » va entraîner la sécrétion d’hormones, qui vont améliorer ta capacité à penser et à agir. Dans un autre cas, une réaction dite de « mauvais stress » va t’inhiber et t’épuiser émotionnellement. Mieux vaut donc imaginer un défi stimulant, plutôt qu’une menace.

Astuce : si la réaction de mauvais stress se déclenche tout de même, regarde au loin et en parallèle, respire et expire profondément et lentement pour la désenclencher.

Relativiser ses pensées

La souffrance n’est pas due à la chose elle-même, mais à l’appréciation que nous en avons, et cela, nous avons le pouvoir de le modifier à tout moment.

Marc Aurèle

Il est parfois impossible d’empêcher nos pensées négatives (et les émotions associées) d’arriver à notre cerveau. Par contre, nous avons le pouvoir de diminuer notre réactivité et notre dépendance vis-à-vis d’elles. Ce ne sont pas en effet les pensées anxiogènes en elles-mêmes qui posent problème, mais le crédit que nous leur accordons. Prendre de la distance avec ce type de pensées permet tout d’abord de réduire leur effet, puis de les faire disparaître. Tu peux atteindre la sérénité en apprenant à quel point sont relatives les choses qui provoquent le trouble et l’inquiétude. Apprends à prendre du recul et à dédramatiser les situations dans lesquelles tu te trouves.

Par exemple, tu viens d’envoyer des éléments confidentiels à un client. Tu appréhendes la réaction de ton boss et tu commences à stresser. Désenclenche le plus rapidement possible cette réaction en relativisant. Dis-toi que tu n’as tué personne !

Se concentrer sur l’instant présent

L’anxiété est la réaction cérébrale anticipant un danger, qui n’existe pas encore. La personne anxieuse se projette dans le futur et imagine le pire avant même d’être confrontée à la situation redoutée. L’anxiété est une émotion utile si elle reste modérée. Elle représente alors une réaction adaptée face à une situation potentiellement difficile.

Par ailleurs, plusieurs études ont montré que la tendance à laisser son esprit divaguer de façon automatique peut conduire à des « cogitations » stériles et délétères. Il arrive en effet que des questionnements détachés de l’instant présent se transforment en pensées négatives et en ruminations. Des éléments négatifs du passé ou de l’avenir anticipé envahissent alors l’esprit, qui ne peut plus tirer satisfaction des situations réellement vécues.

Penser au présent nous évite d’imaginer le pire et donc d’être anxieux pour de mauvaises raisons.

Challenger ses pensées et jugements

L’ignorant affirme. Le savant doute. Le sage réfléchit.

Aristote

Nous sommes emplis de certitudes et ces certitudes, même si elles sont utiles, peuvent nous induire en erreur et nous limiter.

Lorsque j’ai regardé la météo hier, il était prévu qu’aujourd’hui serait la journée la plus orageuse de la semaine avec des averses fréquentes et abondantes. Ce matin, au moment où je sors pour aller faire du vélo, ma voisine me dit d’un air certain que ce n’est pas le bon moment pour aller faire du vélo car il va pleuvoir toute la matinée et que je vais être trempé. Comment peux-tu être certaine qu’il va pleuvoir me dis-je ? Je suppose qu’elle a regardé les prévisions météo et que cela lui a donné la certitude de savoir ce qui allait se produire. En réalité, elle aurait dû se montrer plus prudente avant de m’affirmer ce qui allait se produire, car les prévisions météo sont régulièrement erronées. Finalement, je suis tout de même parti faire du vélo pendant 1h00 et il a fait grand soleil !

Notre besoin de tout contrôler et la complexité du monde qui nous entoure font que nous émettons régulièrement des jugements erronés. Ces jugements nous font faire des erreurs, voire parfois nous empêchent d’agir. Dans mon exemple précédent, j’aurais en effet pu retourner frustré chez moi en laissant mon vélo au garage.

Apprendre à se libérer de ses certitudes

Je sais que je ne sais rien.

Socrate

Pour éviter de faire des erreurs ou d’être paralysé par les événements, il faut apprendre à se libérer de ses certitudes. Cela repose à la fois sur une prise de conscience de nos limites et sur l’acceptation de la complexité du monde qui nous entoure.

Souvent, nous nous voyons trop beaux et avons le sentiment de savoir. Est-ce une question d’ego, un manque de conscience de nos limites ou un besoin inconscient de nous rassurer (avoir un sentiment de contrôle sur les événements) ? Quelle que soit la raison, cela peut nous induire en erreur et nous limiter. Ces erreurs peuvent être causées par l’imperfection de nos sens, les traits de notre personnalité, notre système de valeurs, nos croyances, la mauvaise gestion de nos émotions, nos erreurs de raisonnement, notre manque de connaissances, la défaillance de notre mémoire et notre manque d’énergie.

La complexité du monde qui nous entoure est également un facteur important d’erreur. Elle rend les événements très incertains comme nous l’avons vu avec l’exemple de la météo et dans l’extrait du Traité du vide parfait de Lie Zi (cf. Paragraphe l’incertitude du monde qui nous entoure). La plupart du temps, il est en effet impossible de savoir à l’avance de manière certaine ce qui va se produire. Pour contrer cela, nous avons tendance à créer un univers parallèle qui nous rassure et dans lequel nous avons le sentiment de maîtriser les événements. Afin de justifier cette utopie, nous (nous) racontons de belles histoires qui deviennent des certitudes personnelles (plus ou moins partagées par beaucoup de personnes). Ce mécanisme, qui est une sorte de béquille psychologique dont l’objectif est de nous aider à nous sentir bien, crée des distorsions avec la réalité.

Pour rester connecté au réel et éviter tout écart avec la réalité, nous devons avoir conscience de nos limites et de la complexité du monde qui nous entoure (et par voie de conséquence d’avoir une maîtrise des événements qui reste très relative).

Chercher à comprendre avant de juger

Une fois que tu as réussi à te libérer de tes certitudes, tu dois chercher à comprendre les choses avec finesse plutôt que de juger à la hâte sans réflexion. Souvent, l’erreur commune consiste à précipiter son jugement et cela entraîne des raccourcis comme par exemple faire des comparaisons avec des situations a priori similaires ou faire des généralités en éliminant certaines particularités. À l’image de Socrate, il faut chercher l’essence, la nature profonde des choses, au-delà des apparences et des évidences.

Un jour, je discutais avec des collègues d’immobilier. Mes collègues ne comprenaient pas pourquoi on ne pouvait pas faire ce qu’on voulait dans son jardin comme construire des vérandas sur un espace conséquent de son terrain. Pour eux, les propriétaires devraient pouvoir faire ce qu’ils veulent de leur propriété. Ils en concluaient que cette réglementation était débile. De mon côté, je préférais ne rien affirmer. Je cherchais à comprendre pourquoi cette réglementation existait. Il devait certainement y avoir une raison que je devais creuser.

A chaque fois, il faut s’efforcer à comprendre finement chaque situation avant d’affirmer quoi que ce soit. Tout est plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord.

Emettre des hypothèses, puis chercher à les valider

Une fois que tu as cherché à comprendre les choses en profondeur, au-delà des apparences et des évidences, il est temps de pousser ta réflexion et d’émettre des hypothèses. Une hypothèse est une supposition qu’on estime plus ou moins vraisemblable.

Afin de t’assurer de la justesse de tes hypothèses, tu dois chercher à les valider en partant à la recherche de faits avérés et incontestables. Cela peut concerner des événements qui se sont déjà produits comme le nombre de spectateurs présents au Stade de France lors de la finale de la coupe du monde 98 et des événements futurs comme le 31 janvier 2100 qui est un dimanche. Néanmoins, très souvent, ces faits avérés et incontestables n’existent pas encore comme on peut le voir avec l’exemple de la météo. La météo prévoyait qu’il allait pleuvoir. Il a fait beau. Ce fait avéré et incontestable a été créé a posteriori par le résultat de l’expérience et a invalidé a posteriori l’affirmation de ma voisine. Dans la grande majorité des cas, il est préférable de rester au stade de l’hypothèse à valider plutôt que d’avoir des certitudes que nous sommes peu enclins à remettre en question.

Challenger ses pensées consiste à faire preuve d’humilité en cherchant à passer d’hypothèse à certitude lorsque l’hypothèse est validée par un fait avéré et incontestable. Dans certains cas, néanmoins, nos hypothèses sont invérifiables car il n’existe aucun fait avéré et incontestable. Par exemple, Dieu existe ou des extraterrestres sont venus sur Terre. Lorsque c’est le cas, il est malheureusement impossible d’affirmer une quelconque vérité. Ces hypothèses doivent donc rester au stade de convictions personnelles plus ou moins vraisemblables.

En suivant cette méthodologie, tu arrêteras de faire fausse route et de te mettre des limites.

Modérer ses désirs et aversions

Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.

Epicure

Nos désirs et aversions engendrent des frustrations, qui peuvent troubler notre équilibre émotionnel.

Commençons par définir ce qu’est un désir et ce qu’est une aversion. Un désir est un plaisir à venir, quelque chose d’a priori agréable que nous recherchons comme le chocolat. A l’opposé, une aversion est un déplaisir à venir, quelque chose d’a priori désagréable que nous cherchons à tout prix à éviter comme les araignées.

Au quotidien, nous avons tendance à rechercher exclusivement ce qui nous est agréable et à éviter à tout ce qui nous est désagréable. Pourtant, ce qui nous est agréable peut être néfaste et inversement, ce qui nous est désagréable peut être profitable. Par exemple, j’adore le chocolat. Parfois, j’en abuse avant de me coucher. Cela m’empêche de dormir et me fait grossir. Inversement, je n’aime pas faire du running mais je me force à courir 10 km par semaine. Cela me permet de me sentir bien dans mon corps et de me vider l’esprit.

Au-delà du fait que nous recherchons ce qui nous est agréable et évitons ce qui nous est désagréable, nos désirs et aversions n’ont pas de limites. Ils sont sans fin. Nous voulons toujours plus de ce qui nous est agréable et toujours moins de ce qui nous est désagréable. Si tu as des enfants, observe-les. Ils veulent toujours plus de bonbons et toujours moins d’épinards. Ce mécanisme est générateur de grandes frustrations, car il nous est impossible de satisfaire l’ensemble de nos désirs et d’éviter tout ce qui nous répugne.

La régulation de nos désirs et aversions consiste à apprendre à maîtriser nos pulsions excessives, afin de rechercher ce qui nous est profitable (versus ce qui nous est agréable) et d’éviter ce qui nous est nuisible (versus ce qui nous est désagréable). Elle permet également de modérer le besoin de toujours vouloir plus lorsqu’il s’agit d’un désir et de toujours vouloir moins lorsqu’il s’agit d’une aversion. Les désirs et aversions doivent en effet rester mesurés.

Pour réguler mes désirs et aversions, j’utilise comme technique de régulation l’équation d’utilité. En permanence, j’évalue l’utilité de mes actions en mettant en balance les bénéfices et les coûts. Voir quelque chose de désirable doit en effet faire réfléchir à ce que cette chose peut contenir de détestable. Voir quelque chose de détestable doit faire réfléchir à ce que cette chose peut contenir de profitable. Que va m’apporter le fait de manger un carré de chocolat et par la suite qu’est-ce que cela me coûtera ? Ça va me faire du bien au moral sur le moment et en plus, ça ne m’empêchera ni de dormir, ni ne me fera grossir. Que va m’apporter le fait de manger toute la plaquette de chocolat ? Rien de plus, mais ça risque de m’empêcher de dormir et je vais le regretter au réveil avec de la masse graisseuse en plus. Par ce type de raisonnement, j’apprends à faire des choix raisonnables et à me contenter.

Par ailleurs, j’essaye le plus souvent possible de prendre de la hauteur et d’échapper l’espace d’un instant à notre société de consommation qui joue sur le moindre de mes désirs ou aversions. De quoi ai-je réellement besoin pour vivre ? Qu’est-ce qui est véritablement essentiel à mon existence ? L’oxygène pour respirer, l’eau pour m’hydrater, la nourriture pour m’apporter l’énergie nécessaire, le repos pour assurer le renouvellement de mes cellules, une température appropriée pour maintenir ma température corporelle à 37°C, un minimum d’argent pour assurer la satisfaction de mes besoins fondamentaux et ceux de ma famille, … Tout le reste n’est finalement que superflus. Même si je n’y arrive pas tout le temps, j’essaye de me discipliner afin de rechercher uniquement ce qui m’est véritablement nécessaire. Dans un monde idéal, nous devrions limiter nos besoins aux seuls naturels et strictement nécessaires pour couvrir nos besoins fondamentaux. Cela éviterait toutes les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui que ce soit au niveau alimentaire, énergétique, écologique, …

Il faut également prendre conscience que nous sommes sans cesse tendus vers ce que nous aimerions avoir. En nous focalisant sur ce que nous n’avons pas encore, nous sacrifions le présent. Nous désirons les biens absents et gaspillons les biens présents. Se contenter veut aussi dire qu’il faut apprendre à apprécier ce que nous avons et arrêter de nous focaliser sur ce que nous n’avons pas.

Quand tu vois quelque autre jouir de la richesse, vois ce que tu as en échange, car, si, en échange, tu n'as rien, tu es misérable ; mais, si tu as la force de te passer de richesse, sache que tu as davantage que lui et que ton lot a bien plus de valeur. Cela te paraît peu de chose ? Ah ! Que ne donneraient ces hommes riches pour être capables de mépriser les richesses. Ne sais-tu pas ce qu'est la soif d'un fiévreux ? Elle ne ressemble en rien à celle d'un homme bien portant. Ce dernier boit et sa soif est apaisée, mais l'autre, après un peu de satisfaction, éprouve des nausées, il tourne l'eau en bile, il vomit, il a des coliques, il éprouve une soif encore plus violente. Telle est la condition de l'homme passionné pour la richesse qu'il possède. A cela s'ajoutent la jalousie, la crainte de perte de ce que l'on a, les paroles honteuses, les pensées honteuses, les actions déshonnêtes.

Epictète

Être en cohérence avec soi-même

Nos incohérences, c’est-à-dire les contradictions entre nos pensées et nos comportements, peuvent provoquer une forme de malaise, voire de souffrance, qui nuit à notre équilibre émotionnel.

Afin d’atténuer cette tension interne, j’utilise trois techniques qui me permettent d’être en cohérence et de retrouver mon équilibre émotionnel. Je vais illustrer ces différentes méthodes en partant du principe que je suis écolo, mais que mes pensées ne sont pas toujours alignées avec mes actions ce qui engendre une forme de malaise chez moi.

La première technique consiste à changer mes convictions en faisant évoluer mon opinion. Par exemple : « C’est décidé, je ne suis plus écolo. C’est bidon ! »

La seconde technique consiste à ajuster mon comportement, afin que ce dernier s’accorde à mes convictions. Par exemple : « Cet été, je pars à l’autre bout du monde, mais uniquement en train et à vélo. »

La troisième technique consiste à utiliser la post-rationalisation que nous avons déjà vue (cf. Paragraphe sur la gestion de notre ego).

Savoir se ressourcer

mieux gérer ses émotions

Lorsque nous manquons d’énergie, il est très difficile de réguler nos émotions excessives. Afin d’éviter de nous retrouver dans cet état, il faut savoir prendre le temps de nous ressourcer pour éviter d’imploser émotionnellement. 

Notre esprit ne peut pas être hyperactif en permanence. Il a également besoin de lenteur, de continuité, de silence et de calme. Se ressourcer est donc essentiel. Il s’agit de rechercher un niveau d’activité modéré, de ralentir, de décompresser.

Encore une fois, je ne prétends pas l’exhaustivité, mais voici les différentes techniques que j’utilise pour me ressourcer :

  • Le repos : le sommeil permet de réguler le circuit des émotions en traitant, en canalisant, voire en évacuant le surplus d’émotions.
  • L’activité qu’elle soit physique, artistique, … :  le fait de courir, nager, faire du vélo, marcher, méditer, sculpter, … nous nettoient intérieurement. 
  • Le silence : l’absence de bruit fait repousser les neurones.
  • L’inaction : la rareté des actions stimule le système parasympathique apaisant.
  • Vider son sac : lorsqu’un mot est mis sur une émotion,  nous avons plus de moyens d’action et de régulation ; parle de tes difficultés à une âme charitable lorsqu’ils surviennent (surtout, ne les accumule pas !).

 

A titre d’exemple, je fais 3 fois du sport par semaine : 1h00 de course à pied le lundi, 1h00 de vélo le mercredi et 1h00 de natation le vendredi. Je lis également régulièrement des livres de philosophie le soir avant de me coucher. Cela me permet de mettre mon quotidien sur pause, de ralentir, de respirer et d’être bien. Si je ne prenais pas le temps de me ressourcer, je ne pourrai pas être serein au quotidien.

Se libérer des normes sociales

Les normes sociales définissent dans les moindres détails ce que nous devons penser sur un grand nombre de sujets et la manière dont nous devons mener notre vie. Par exemple, il est a priori mal vu pour un homme de pleurer car c’est synonyme de faiblesse. Pourquoi devrais-je penser cela et m’interdire de pleurer alors que j’en ai besoin pour évacuer ma tristesse ? En supplantant nos préférences individuelles, les normes sociales nous empêchent de vivre conformément à notre nature.

Les normes sociales sont créées par des groupes de personnes plus ou moins nombreux (ou groupes sociaux comme la famille, les parents d’élèves d’une école, les collègues d’une entreprise, les résidents d’une ville, d’un pays, …) qui veulent que nous pensions et agissions comme eux sur différents sujets. Ces groupes sociaux, qui exercent un contrôle sévère sur nos opinions, sont constitués de porte-paroles qui, à l’instar des inquisiteurs du Moyen-Âge, mettent sur le bûcher toutes les personnes qui pensent et qui agissent différemment.

Avant d’aller plus loin, il est essentiel d’avoir conscience que nous ne nous intéressons pas aux normes sociales d’un point de vue purement moral, mais à l’apparence de la moralité la plus irréprochable afin d’être socialement acceptés. Reprenons l’exemple précédent. Je suis un homme donc je dois être fort. Si je pleure, je vais être perçu comme un faible. Je m’interdis donc de pleurer pour être perçu comme quelqu’un de fort par les différents groupes sociaux que je côtoie, comme les membres de ma famille, mes amis, mes collègues, et être in fine accepté. Mais au fond être fort, n’est-ce pas justement d’avoir conscience de sa fragilité et de l’assumer ?

Afin de te libérer des normes (contraintes) sociales, voici l’approche en deux temps que je te recommande d’appliquer.

Tout d’abord, commence par faire évoluer ton mindset en arrêtant de rechercher à tout prix l’approbation des uns et des autres ou de suivre l’opinion du plus grand nombre. Sois en accord avec toi-même en étant aligné avec ce que tu penses au plus profond de toi. Pose-toi les questions suivantes : Pourquoi devrais-je penser et agir comme cela ? Suis-je profondément d’accord avec cela ? Tu es en droit de challenger l’opinion du plus grand nombre et être en désaccord. Tu n’es pas un mouton !

En montrant ton désaccord, tu risques par contre de te faire réprimander pour rentrer dans le rang, voire d’être exclu du groupe social. Ce n’est ni plus ni moins un mal pour un bien, si cela te permet de te sentir mieux dans ta peau. Tu es en droit de penser différemment et de mener la vie que tu souhaites mener. La seconde étape consiste donc à assumer son point de vue en faisant preuve de courage.

Bien gérer son environnement

Notre environnement impacte notre équilibre émotionnel notamment à travers le manque de temps, les sollicitations permanentes, la profusion de choix, la nocivité des médias et de certaines personnes.

Maîtriser son temps

Nous avons une multitude de tâches à accomplir chaque jour et les journées ne font que 24h00. Afin d’éviter d’être noyés, nous devons apprendre à bien gérer notre temps. La bonne gestion de notre temps repose sur une organisation au couteau, de la productivité et la possibilité de remettre à demain lorsque c’est nécessaire.

L’organisation du temps

La bonne organisation du temps s’appuie sur un agenda millimétré et sur une bonne priorisation des tâches (ou activités).

Il faut commencer par définir l’ensemble des tâches récurrentes, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre, d’une année à l’autre. Une fois ce travail réalisé, il faut renseigner ces différentes tâches dans son agenda. Même si ce travail est fastidieux, planifier l’ensemble des tâches prévisibles dans son agenda permet de quantifier le temps réellement disponible chaque jour. En procédant ainsi, tu pourras facilement allouer ton temps à des tâches ponctuelles (ou non prévisibles) ou prévoir de nouvelles tâches que tu n’avais pas prévu d’effectuer.

Il arrive fréquemment que toutes les tâches que nous devons réaliser dans une journée ne tiennent pas dans l’agenda ou soient tout simplement impossibles à réaliser, car nous n’avons plus l’énergie physique ou mentale nécessaire pour le faire. Il faut donc être capable de prioriser correctement les tâches à effectuer en fonction tout d’abord de leur importance, puis du niveau d’urgence et de l’effort requis.

Il est important de noter qu’être bien organisé ne rime pas avec rigidité, bien au contraire. Lorsque c’est nécessaire, il faut savoir faire preuve de flexibilité afin de libérer du temps pour accueillir des tâches non prévisibles et importantes qui ne peuvent pas être remises à plus tard. Une bonne organisation de ton temps te permet de faire cela rapidement, facilement et sereinement.

L'utilisation du temps

« Une heure n’est pas toujours égale à une heure. »

Bien utiliser son temps consiste à être le plus productif possible. La productivité repose à la fois sur notre capacité à rester concentré, sur notre capacité à bien utiliser notre énergie et sur notre capacité à bien utiliser les ressources à notre disposition.

Pour rester concentré, il faut à la fois définir des objectifs atteignables et précis dans un délai imparti (par exemple, rédiger 2 pages en 1h00) pour bien occuper nos ressources attentionnelles, ainsi qu’être capable d’identifier et de bien gérer les voleurs de temps.
Quand nous sommes occupés à une activité qui n’utilise pas toutes nos ressources attentionnelles, celles restantes sont vite récupérées par des processus de simulation mentale qui visent à anticiper l’avenir (ou à rejouer le passé). C’est notamment ce qui se passe lorsque nous conduisons une voiture en réfléchissant aux courses que nous nous apprêtons à faire. C’est cette gymnastique attentionnelle qui nous empêche de nous concentrer.
Concernant les voleurs de temps, prenons un exemple simple avec les smartphones et les ordinateurs. Ces magnifiques technologies peuvent nous déconcentrer pendant un long moment. Il faut donc réussir à maîtriser les sollicitations externes, par exemple en éteignant son téléphone lorsqu’on a besoin de concentration, en répondant à ses courriels de manière groupée 3 fois par jour, en éliminant les notifications, …

Bien utiliser son énergie signifie d’une part qu’il faut savoir la préserver lorsqu’on accomplit une tâche et d’autre part, bien la répartir tout au long de la journée pour avoir encore suffisamment d’essence à la fin de la journée. Savoir bien doser ses efforts et bien répartir son énergie permet d’utiliser de manière optimale son énergie pour répondre aux moments intenses et de recharger les batteries pendant les périodes plus calmes. L’organisation du temps doit donc prévoir des plages de récupération (sommeil, nourriture, lecture, sport, …) pour éviter d’être en panne sèche.

Il est également possible de gagner beaucoup de temps dans une journée. Pour cela, il faut identifier et utiliser intelligemment les ressources disponibles. Cela passe par exemple par déléguer certaines tâches, utiliser des solutions qui nous font gagner du temps, …

Remettre à demain

Il faut s’efforcer de tenir son agenda, mais cela n’est pas toujours possible. En dernier ressort, tu dois être capable de remettre à demain pour éviter d’imploser émotionnellement.

Maîtriser son attention

En nous inondant de messages, la société dans laquelle nous vivons essaye par tous les moyens de capter notre attention pour nous voler du temps de cerveau. De manière insidieuse, ces vols d’attention nuisent à notre équilibre émotionnel.

Il est impossible de lutter à armes égales avec l’ensemble des acteurs qui cherchent à nous voler du temps de cerveau, car ces derniers jouent habilement sur notre circuit de la récompense. Le seul véritable moyen pour lutter et retrouver la maîtrise de notre attention est de limiter au maximum le nombre de stimuli extérieurs. Il faut par exemple supprimer l’ensemble des notifications sonores et visuelles sur nos appareils électroniques, réduire notre exposition aux publicités qu’elles soient visuelles ou sonores ou les deux, …

Se concentrer sur l’essentiel

Les acteurs du marché jouent avec nos désirs et aversions pour nous faire consommer plus que ce dont nous avons réellement besoin.

Paradoxalement, avec un choix aussi pléthorique de produits et de services, nous devons être frugals en apprenant à nous limiter et à rester concentrés sur ce dont nous avons réellement besoin. Pour modérer tes désirs et aversions, je t’invite à relire le chapitre sur la gestion de nos désirs et aversions.

Se prémunir du négatif

Nous vivons dans un environnement très négatif et le négatif n’apporte rien de bon. Il faut apprendre à t’en détacher. Pour y parvenir, je t’invite à suivre l’actualité a minima et à privilégier le contact de personnes positives et bienveillantes qui te tirent vers le haut.

Utiliser ses émotions pour amplifier ses facultés

mieux gérer ses émotions

Lorsque nous arrivons à bien réguler nos émotions, il est possible d’aller un cran plus loin. La bonne utilisation de nos émotions permet en effet d’amplifier nos facultés, qu’elles soient intellectuelles ou physiques, en nous aidant à nous mettre dans un état de flux.

Tu t’es certainement déjà retrouvé dans cet état. Lorsque tu es dans un état de flux, tu es comme absorbé par ce que tu fais, au point d’oublier tout le reste. Tu es pleinement concentré sur la tâche en cours et tu ne sens plus passer le temps. Les choses semblent se dérouler avec facilité et tu ressens une maîtrise totale de ce que tu fais. Le flux favorise la motivation et la performance.

Pour réussir à te mettre dans cet état, ton état émotionnel doit être optimal. Tu dois parvenir à trouver le juste milieu entre tension (pas trop de stress) et détente (un minimum d’excitation). L’état de flux intervient généralement lors de la réalisation de tâches exigeantes pour lesquelles nous sommes très compétents. Tu auras donc tendance à pouvoir te mettre dans cet état lorsque tu rencontres des challenges qui te semblent importants et à ta portée.

Pour favoriser l’amplification de tes facultés, tu dois également prendre conscience de la chance que tu as. Cela te permet de décupler ton sentiment de bien-être et les émotions positives associées. Pour y parvenir, les techniques que j’utilise sont l’introspection, la visualisation et la contemplation. L’introspection me permet de me rappeler toutes les choses positives que j’ai eu la chance de vivre. La visualisation me permet d’imaginer toutes les choses positives qui vont se produire. La contemplation, comme admirer la beauté du paysage lorsque je fais mon footing, me permet de savourer pleinement l’instant présent.

Contrôler le pouvoir des émotions

Les émotions sont notre essence intérieure. C’est grâce à elles que nous sommes des êtres vivants et que la vie a de la saveur. Leur pouvoir est néanmoins immense et contradictoire. D’une part, elles nous permettent de ressentir des moments de bien-être, de penser, d’agir et de réagir de manière appropriée en fonction d’une situation donnée, d’amplifier nos facultés physiques et intellectuelles ; d’autres part, elles engendrent du mal-être, nous font penser, agir et réagir de manière inappropriée en fonction d’une situation donnée, bloquent nos facultés physiques et intellectuelles.

Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, le pouvoir des émotions est extrêmement difficile à contrôler. Il peut rapidement nous déborder et nous faire vivre sous son joug. Pour nous affranchir de la tyrannie des émotions, le seul moyen efficace est de parvenir à dominer notre esprit. Dompter notre esprit consiste tout d’abord à développer notre conscience émotionnelle pour être conscient de l’influence de nos émotions sur nos pensées et comportements, puis à développer notre maîtrise émotionnelle pour être en capacité de maintenir notre équilibre émotionnel ; le but est de contrôler nos émotions lorsque c’est nécessaire, c’est-à-dire lorsque l’équilibre émotionnel est menacé, sinon d’être capable de lâcher-prise. Lorsque nous parvenons à réguler nos émotions excessives, la bonne utilisation de nos émotions nous permet d’amplifier nos facultés.

Cet article avait pour objectif de te faire prendre conscience des éléments que tu dois parvenir à maîtriser pour dominer ton esprit et par voie de conséquence mener une vie sereine. 

Le sage ne se met jamais en colère, mais il tremble ou frissonne. Il éprouve donc des atteintes venues de l'extérieur, comme pour lui rappeler sa condition de simple mortel, mais cette atteinte est légère et n'entame que l'épiderme de son être.

André Motte

Je viens de te transmettre un ensemble de connaissances conséquent. Même si tout ce savoir va te faire progresser, il y a un écart significatif entre la connaissance et la compétence. Prenons l’exemple du ski. Si je t’explique comment faire du ski, y parviendras-tu parfaitement et rapidement ? Pour y arriver, tu devras faire des exercices appropriés de manière répétitive et dans la durée. Dans le cadre de l’acquisition de compétences émotionnelles, l’équation est encore plus complexe. Cela nécessite de modifier tes façons de penser et d’agir très enracinées en toi. Je peux t’y aider à l’aide d’un programme approprié. Contacte-moi !

PS : N’hésite pas à laisser un commentaire si l’article t’a plu ou si tu vois des éléments auxquels je n’ai pas pensé. Je n’ai pas la science infuse ! (je suis conscient de mes faiblesses )

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